Recette - Far Breton
Le Far Breton de Grand-Mère : La recette authentique et ses secrets de cuisson
Bienvenue sur le blog ! S'il y a bien un dessert qui incarne l'âme de la Bretagne, c'est le Far Breton. Derrière sa simplicité apparente — des œufs, du lait, de la farine — se cache un trésor de textures : un cœur fondant comme un flan et des bords caramélisés qui croustillent sous la dent. Aujourd'hui, je vous livre ma version "ultime", celle qui ne retombe pas à la sortie du four et qui diffuse cette odeur de beurre noisette irrésistible dans toute la maison.
L'histoire de la recette : Un héritage de simplicité et de partage
Le Far n'a pas toujours été le dessert sucré que nous connaissons sur les étals des pâtisseries bigoudènes. À l'origine, il s'agissait d'une bouillie de céréales cuite dans un sac, servie en accompagnement des plats salés, un peu comme le kig-ha-farz.
De la bouillie paysanne au dessert de fête
C'est au XVIIIe siècle que la recette commence à s'enrichir. Le sucre et les œufs, denrées autrefois coûteuses, font leur entrée dans la préparation pour transformer ce plat de subsistance en une gourmandise réservée aux jours de fête. Le nom "Far" vient d'ailleurs du latin far, qui signifie "froment" ou "gruau". Ce qui est fascinant avec le
L'origine de la recette : Le mystère des pruneaux
Si vous demandez à un Breton pur beurre, il vous dira que le "vrai" Far ne contient pas forcément de fruits. Pourtant, dans l'imaginaire collectif, le Far est indissociable du pruneau.
Pourquoi des pruneaux en Bretagne ?
On pourrait s'étonner de trouver des pruneaux d'Agen dans une recette armoricaine. L'explication est historique : au XIXe siècle, les marins bretons échangeaient leur morue salée contre des pruneaux lors de leurs escales dans le Sud-Ouest. Ces fruits séchés se conservaient parfaitement en mer et apportaient des vitamines essentielles. Naturellement, les femmes de marins ont commencé à les glisser dans la pâte du
Fiche Technique de la Recette
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de repos (optionnel mais conseillé) : 1 heure
Temps de cuisson : 45 à 50 minutes
Difficulté : Très facile
Budget : Économique
Ustensiles nécessaires
Un plat à four en terre cuite ou en grès (évitez le silicone pour obtenir une belle croûte).
Un grand cul-de-poule (saladier).
Un fouet manuel.
Une petite casserole pour le beurre noisette.
Quelle boisson pour accompagner votre Far ?
L'accord parfait reste un lait ribot (lait fermenté) pour les puristes, qui apporte une acidité bienvenue. Pour une version plus festive, un Cidre de Cornouaille AOP avec ses notes de pommes mûres soulignera le sucre du pruneau.
Mes astuces de Chef pour un Far inratable
Le lait entier : C'est non négociable. Le lait demi-écrémé donnerait une texture trop aqueuse. Le gras du lait entier apporte l'onctuosité nécessaire.
Le choc thermique : Enfournez à four très chaud, puis baissez la température. C'est ce qui crée le contraste entre le dessus doré et le cœur crémeux.
Le trempage des pruneaux : Faites-les gonfler dans un peu de rhum ou de thé chaud 30 minutes avant de commencer. Ils seront bien plus charnus.
Les Ingrédients Détaillés
Voici la liste pour un plat de 6 à 8 personnes :
La base sèche :
200g de farine de blé type T55 (tamisée pour éviter les grumeaux).
130g de sucre en poudre (ou un mélange sucre blanc/sucre roux).
1 sachet de sucre vanillé.
Les liquides :
4 gros œufs frais.
75cl de lait entier.
50g de beurre demi-sel (pour le plat et la pâte).
La garniture :
250g de pruneaux d'Agen dénoyautés (ou avec noyaux pour plus de saveur, mais prévenez vos invités !).
3 cuillères à soupe de vieux rhum (facultatif).
Les différentes étapes de préparation
Étape 1 : La préparation des fruits et du moule
Commencez par préchauffer votre four à 210°C. Si vous utilisez du rhum, mettez vos pruneaux à tremper. Prenez 20g de beurre demi-sel et tapissez généreusement votre plat. Ne lésinez pas sur les bords : c'est ce beurre qui va caraméliser la pâte et permettre un démoulage facile.
Étape 2 : L'appareil à Far
Dans votre saladier, mélangez la farine et les sucres. Formez un puits et cassez-y les œufs. Commencez à fouetter doucement au centre en incorporant la farine petit à petit. Versez ensuite le lait progressivement pour obtenir une pâte lisse, semblable à une pâte à crêpes épaisse. Si vous voulez un résultat professionnel, passez la préparation au chinois.
Étape 3 : Le montage et la cuisson
Faites fondre le reste du beurre jusqu'à ce qu'il soit "noisette" et versez-le dans la pâte. Disposez les pruneaux harmonieusement au fond du plat beurré. Versez délicatement l'appareil par-dessus pour ne pas trop déplacer les fruits.
Étape 4 : Le secret de la double température
Enfournez à 210°C pendant 10 minutes pour saisir la pâte. Ensuite, baissez le thermostat à 180°C et poursuivez la cuisson pendant 35 à 40 minutes. Le Far doit gonfler sur les bords (il redescendra, c'est normal !) et prendre une couleur brun cuivré profonde.
Pourquoi cette recette de Far Breton fonctionne ?
Le succès de cette version réside dans l'équilibre entre la densité du flan et l'humidité des fruits. Contrairement à un
Une conservation optimale
Le Far est l'un des rares gâteaux qui gagne à être préparé à l'avance. S'il est délicieux tiède, il développe tous ses arômes après 12 heures au réfrigérateur. Sa texture devient alors plus ferme et fondante, idéale pour être découpée en parts nettes.
Conclusion : Un voyage immobile
Réaliser un Far Breton, c'est ramener un peu d'iode et de vent marin dans sa cuisine. C'est un dessert qui ne ment pas : il est brut, généreux et profondément ancré dans le partage. Que vous le dégustiez pour le goûter ou en fin de repas dominical, il fera toujours l'unanimité auprès des petits et des grands.
N'hésitez pas à me dire en commentaire si vous le préférez avec ou sans pruneaux (le débat est ouvert !).
Le saviez-vous ?
On raconte que le véritable Far Breton se reconnaît à sa "ligne de flottaison". S'il a bien cuit, il doit présenter une légère démarcation plus claire sur les côtés, témoignant de sa montée spectaculaire dans le moule avant de s'affaisser doucement en refroidissant. Autrefois, on disait qu'un Far qui ne gonflait pas était le signe d'une cuisinière distraite !
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